Troisième journée dans le transsibérien
Après
la visite du musée ferroviaire, il nous restait à nous préparer pour la nuit
suivante qui sera passée dans le train. En effet, son départ devait avoir lieu
à 23 h 54 et l’horaire a été respecté. De manière générale, les horaires sont
bien respectés mais je pense que cela est dû à une détente largement supérieure
aux 3 minutes aux 100 km de chez nous.
Bref,
avant de monter dans le train, nous avons flâné dans la gare afin de bien
repérer les lieux.
Certains
endroits seraient presque dépaysants, surtout quand on sait que dehors il
faisait – 17° !
Le
grand Hall, équivalent de notre sale des pas perdus, était garni de sièges pour
attendre et un escalier imposant permettait de gagner le niveau des voies. La
gare était pleine de personnes au type physique d’Asie Centrale.
Nous
sommes allés rechercher nos bagages laissés à la consigne de l’hôtel et comme
sur l’un des côtés du grand Hall, il y avait de petits selfs, nous nous sommes
installés là en attendant l’affichage du quai. Ce long moment m’a permis de
rédiger une partie de ce blog ; cela prend du temps car il faut choisir
les photos puis écrire les commentaires ; une étape ultérieure consistera
à mettre tout ça en ligne…
Nous
partîmes ainsi à l’heure, et pour rappel, nous étions à Novossibirsk, au km
3343 de Moscou.
Arrivés
dans notre compartiment, nous nous sommes installés pour la nuit ; la
disposition des lieux étant rigoureusement la même que dans l’étape précédente,
ce fut assez facile malgré l’hostilité de la voisine, furieuse de voir arriver
deux touristes armés d’autant de bagages ! Grâce aux photos de la famille
et de Dijon apportées sur la tablette, elle se déridera dans l’après-midi du
lendemain et nous terminerons la journée en partageant des friandises dont des
pâtes de coings de Mélanie.
Après
une bonne nuit réparatrice, sans avoir remarqué les quelques 8 arrêts dont un
de 55 minutes, le lever de soleil sur la campagne nous tira du lit :
Un
petit déjeuner composé de thé infusé dans l’eau à 90° du samovar et de pain
d’épices roulé acheté à Souzdal, nous voilà d’attaque pour nos observations
ferroviaires et autres.
Tout
d’abord, nous voici à Achinsk, au km 3914 de Moscou :
Cette
cité industrielle, comme beaucoup
d’autres traversées cette journée, semblait endormie. Mais, mon appareil photo
étant braqué, j’ai surpris un petit triage avec débranchement à la bosse :
Ce
train était refoulé par une BBB d’un type très répandu tout au long du
transsibérien :
Par
la suite, un paysage assez plat dominait avec une alternance de petits bois de
bouleaux et de zones dégagées dont le type précis était caché par la couche de
neige, d’un blanc éclatant. Dans cette partie, les conifères étaient rares.
Des villages s’étiraient le long de la voie,
souvent sans caractère mais avec des exceptions :
Avec
de la chance, j’ai pu surprendre quelques maisons typiques, entourées de
barrières d’un type très répandu :
Ces
villages sont tous desservis par le train, avec, pour les plus modestes, de
petites haltes semblables aux abribus :
Avec
encore de la chance, voici sans doute un ancien château d’eau du temps de la
vapeur :
Quand
la voie contigüe s’écartait un peu, il fallait s’attendre à quelque chose de
différent de la pleine voie monotone ; en voici l’illustration avec la
survenue d’un pont (un pont séparé pour chaque voie :
Parfois,
les agglomérations étaient un peu plus importantes, sans doute à cause d’une
activité économique, ancienne ou plus récente :
Notre
train, composé d’une dizaine de voitures, avançait à une vitesse moyenne
d’environ 70 km/h dans un paysage assez plat ; notre voiture était en
deuxième position derrière la loco ; sur cette photo, prise dans une
courbe prononcée, on voit la queue du train. Notez que les fenêtres ne
s’ouvrent pas (heureusement d’ailleurs par ce froid
« sibérien » !)
A
la mi-journée, nous arrivâmes avec un peu de retard dû à deux sémaphores
fermés, à la grande vile de Krasnoyarsk, annoncée par de grands immeubles
d’habitation et des cheminées d’usine :
Ainsi
que par de multiples installations industrielles, parfois à l’allure un peu
vieillotte :
Par
contre, la gare faisait vraiment pimpante :
L’arrêt
plus long (raccourci à environ 35 minutes) fut mis à profit pour aller acheter
dans la gare de quoi déjeuner dans le train (sorte de pizza et chaussons à la
viande hachée) et pour les RZD (chemins de fer russes) de changer de
loco ; cette BBB qui nous tractait depuis Novossibirsk :
Fut
remplacée par celle-ci :
Notre
train était un Novossibirsk – Vladivostok, alors que sur une voie parallèle,
est venu s’arrêter un Moscou – Vladivostok (reparti avant nous) qui comportait
en tête deux grands fourgons en partie déchargés « à l’ancienne »
sauf qu’ici, en raison de la neige, le tracteur ressemblait plus à un tracteur
de chantier :
La
BBB qui tractait ce train, bien que du même type que la nôtre, était bien plus
bariolée :
Juste
après être partis de Krasnoyarsk, nous franchissions le fleuve Ienisseï par un
long ouvrage parallèle à un ouvrage routier ; grâce à une rafale de photos,
j’ai tiré quelques clichés sans armature métallique de l’ouvrage ferroviaire. A
la différence de l’Ob, le fleuve n’était pas gelé ! Une intense vapeur s’en
dégageait :
Après
ce franchissement, le relief s’est un peu accentué mais les villages se
succédaient de la même façon :
Dans
les gares de plus grosses agglomérations, non loin des grandes villes, on
pouvait apercevoir des automotrices de banlieue, toujours du même type ;
ce sont vraiment les rois de la standardisation ! Mais c’est efficace.
Le
jour baissait et le ciel prit des couleurs :
Maintenant,
nous approchions de Ilanskaya, encore une ville industrielle.
Avant
d’atteindre la gare, encore un franchissement de rivière par un pont métallique
à, sauf erreur, 6 travées :
L’arrêt
prévu de 17 minutes a permis, encore une fois, de descendre du train pour aller
dans la gare, acheter de quoi se sustenter. Un nouveau passager est venu
s’installer dans notre compartiment mais n’a salué personne, même pas notre
co-voyageuse russe ! Il s’est installé sur sa couchette supérieure sans
dire un mot. Ces russes ne sont vraiment pas polis ! e lendemain matin, il est descendu avant nous et quand je lui ai passé son sac, il a du esquisser un faible merci (en russe)...
La
nuit a débuté, le train roule toujours et tout le monde s’est couché – et dort
–. Il n’y a que moi qui sélectionne les photos de la journée, les retravaille
dans Photoshop et écrit ce texte dans le but de le publier sur Internet quand
nous aurons une connexion. A l’horaire, (respecté) il est 23h58 et le train
vient de s’arrêter à Nizhneudins. J’entends au loin le sifflet d’une loco et je
vais aller dormir… Tiens, le train croiseur passe dans un bruit tout de même
assourdi par les triples vitrages de notre wagon.
A
bientôt pour la suite !
Connexion établie à notre arrivée à Irkutsk chez notre logeuse qui nous attendait comme convenu à la sortie de la gare.




























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