jeudi 28 février 2019

Quatrième journée dans le train (2)


Quatrième journée dans le train (2)


La journée débuta par la traversée des collines entre Irkoutsk et le lac Baïkal, par le nouveau tracé datant des années 50 ; le relief n’est pas très accentué, mais les courbes et la rampe sont assez sévères :

Cet état de fait fut confirmé par l’observation des trains croiseurs (trains de fret) : ils étaient emmenés par des machines triples constituées d’une machine double accouplée à une simple. Dans certaines courbes, on pouvait apercevoir notre loco, bien que nous ne soyons que dans la quatrième voiture :

Au cours de la descente sur le lac, nous sommes passés dans une grande carrière où l’on chargeait des trains de ballast :

Ce train était manœuvré par une diesel d’un type très répandu :

Nous nous rapprochions de l’extrémité du lac que l’on dominait encore :

Nous avons emprunté deux tunnels relativement courts (quelques centaines de mètres) dont l’un était double :

Arrivés au bord du lac, j’ai surpris des pêcheurs :

Quelques minutes plus tard, nous entrions en gare de Slyudyanka ; de nombreux trains de fret sur les faisceaux d’attente, souvent cachés par le train que l’on longe :

L’appareil photo aux aguets derrière la vitre du compartiment, voici que surgit une vapeur en monument :

Quelques instants après l’arrêt de 2 minutes en gare, apparaît une fumée caractéristique ; malheureusement, l’appareil photo n’était pas prêt et voici le seul cliché potable où l’on aperçoit au loin la fumée et au premier plan une plaque tournante. Cette activité « vapeur » est sans doute liée aux quelques circulations « touristiques » entre cette gare et Port Baïkal, évoquée dans le chapitre précédent.

Maintenant, nous longeons la rive sud du lac et, au début, le relief étant assez prononcé, la voie suit le rivage en léger surplomb :

       Assez rapidement, le relief de la rive devient assez plat et le paysage enneigé défile du côté droit :
Pendant que du côté gauche, c’est le lac qui nous tient compagnie :

De temps en temps, quelques événements rompent la monotonie ; par exemple, quand la voie contigüe s’éloigne un peu, cela peut annoncer le franchissement d’un cours d’eau :

Ou bien un pont-poutre plus court ; si la chance est là, on peut mieux observer le train croiseur :

On traverse des villages ; cette rive du lac paraît assez peuplée.

Ces villages sont desservis par une halte qui ressemble à un abri bus et dont le quai a une longueur limitée à peu près à celle d’une voiture. (wagon pour les néophytes)

Parfois, pour de plus grosses agglomérations, la gare est plus imposante !

Le passage à Babouchkine (ancien point d’arrivée des brise-glace) a montré d’importantes installations :

Peu de temps après, nous quittions la rive du lac Baïkal pour remonter la vallée de la Selenga ; cette rivière vient de Mongolie et se jette dans le lac en formant un grand delta. Ici, elle est entièrement gelée !

Avant d’arriver à Oulan Oude, nous la traversons sur un grand pont à 6 grandes travées métalliques à voie unique :

L’autre voie (direction Moscou) emprunte le même style de pont mais apparemment plus ancien et en cours de réfection :

Arrivant à Oulan Oude, de multiples installations ferroviaires défilent. Voici le dépôt des machines avec une unité triple comme beaucoup vues depuis Irkoutsk :

Et brusquement, alors que nous roulons encore, apparaissent deux locos vapeur, visiblement stockées depuis un certain temps ; 150, roues en acier moulé, tender de grande capacité, cela évoque bien la fin de la traction vapeur sur le transsibérien.

L’arrêt en gare de 45 minutes a, non seulement permis d’observer de jour notre train, mais aussi donné assez de temps pour aller voir de près une locomotive « monument » exposée en bout de quai :

Cette loco, de type 131 semble être une locomotive de vitesse comme le laisse supposer la taille de ses roues motrices :

Le BV (Bâtiment Voyageurs), partiellement en rénovation, donnait accès à une cour de la gare assez étroite et sans caractère :

Peu après le départ, nous avons observé les voies électrifiées qui continuent en direction de Vladivostok

Maintenant, c’est une voie unique, non électrifiée qui va nous mener en Mongolie. Encore 260 km avant la frontière. Nous traversons des banlieues déprimantes avec beaucoup d’usines abandonnées et de la pollution…

…Pollution encore visible 20 km plus loin lorsque nous contournons la ville en nous élevant au dessus de quartiers « résidentiels »

Encore plus loin, nous retraversons la rivière Selenga par un pont du même type que le précédent mais à 5 travées seulement :

Le soir tombe et nous longeons toujours la rivière, de plus ou moins près avec quelques villages, plus rares que durant la matinée.

La vallée s’élargit ou se rétrécit mais les coteaux sont d’une élévation modérée.


Le nuit est tombée lentement, aussi lentement que le train maintenant assuré en traction diesel. (Faute de temps à Oulan Oude, je n’ai pu en photographier la loco et comme nous sommes arrivés avant le lever du jour à Oulan Bator… c’est fichu !)
Le passage de la frontière s’est effectué en début de nuit avec deux arrêts de presque deux heures chacun, contrôles des bagages, des passeports, des visas, … deux fois ! De plus, à la sortie de Russie, inspection poussée de tous les espaces susceptibles de cacher quelque chose, y compris démontage des plafonds des toilettes et des espaces situés dans les compartiments au dessus du couloir et normalement destinés à recevoir des bagages à main. Tout cela, tous rideaux obligatoirement baissés alors qu’il faisait nuit !
Le lendemain matin, arrivée à l’heure (6h50) à Oulan Bator et trajet en taxi jusque chez notre hôte qui nous attendait.

jeudi 21 février 2019

Quatrième journée dans le train (1)


Quatrième journée dans le train (1)


Nous sommes partis à l’heure d’Irkoutsk ((8h20) dans un train un peu plus luxueux que les précédents ; il n’avait que 5 voitures et a été tracté jusqu’à Ulan Ude par une loco russe vue ici dans cette gare, en tête de son train avant d’être remplacée par une autre, cette fois en traction diesel.

Ce train était en fait un train mongol, assurant le « transmongolien », et dédié uniquement à la relation Irkoutsk – Oulan Bator, en témoigne la plaque d’itinéraire accrochée aux voitures :

Comparativement, le billet était plus cher que les précédents, mais cela nous a semblé justifié. Le principe d’aménagement est le même que sur les trains que nous avions utilisé précédemment : compartiment de 4 lits (nous n’avons été que les deux seuls occupants durant tout le trajet) avec rideaux, nappe, dossiers, appuie-tête cachant des rangements, liseuses, etc. tout mieux fini et plus joli :

Nous avions acheté des provisions au marché d’Irkoutsk et bien nous en a pris car au seul arrêt assez long à Oulan Oude, pas d’approvisionnement facile ! Nous voici sur le point de déguster du poisson fumé :

Le couloir était plus lumineux et moquetté, régulièrement nettoyé à la serpillère par la « conductrice » (personnel d’accompagnement d’une voiture lits en jargon ferroviaire)

Tout le personnel était mongol et, contrairement au personnel russe, très souriant et attentionné. Voici cette « conductrice » à l’arrêt d’Oulan Oude :

Il y a de la ressemblance avec le protocole russe (uniforme, contrôle des passeports, fonction de surveillance aux arrêts (photo), entretien et nettoyage en route, mais avec une différence fondamentale : l’amabilité et le sourire.
Les WC ne sont plus fermés aux arrêts car, ici, ils ne s’écoulent plus sur la voie mais sont de type « avion » avec, bien évidemment plus d’espace, et avec la présence de deux WC séparés, hommes et femmes :

Nous avions  choisi ce train car c’était le seul qui effectuait le parcours autour du Baïkal de jour. La carte ci-dessous montre l’itinéraire que nous avons pris (en rouge) et les anciens itinéraires expliqués ci-dessous :

Initialement, de 1900 à 1904, la voie « remontait » la vallée de l’Angara jusqu’à Port Baïkal, au bord du lac. (En bleu) De là, un ferry-brise-glace transportant aussi les trains rejoignait la rive opposée à Babouchkine. (En pointillés bleus) De là, le parcours ferroviaire continuait jusqu’à Oulan Oude. Il y eut même une voie provisoire posée en hiver sur la glace du lac en vue d’acheminer davantage de matériels et d’hommes pour la guerre avec le Japon.
En 1904, le contournement du lac fut achevé aux prix de lourds travaux de génie civil entre Port Baïkal et Slyudyanka, à l’extrémité ouest du lac. (En noir) Sur la rive sud, le parcours est, nous l’avons constaté, bien plus facile.
Sur le parcours « touristique » , non abandonné, entre Port Baïkal et Slyudyanka, circulent maintenant des trains à vapeur, principalement l’été. Faute d’informations suffisantes, nous n’avons malheureusement pas tenté d'essayer ce parcours.
Pendant les années 50, suite à la mise en eau d’un barrage sur l’Angara, le parcours le long de cette rivière fut submergé et remplacé par un trajet plus direct entre Irkoutsk et Slyudyanka, itinéraire que nous avons emprunté. Du fait du relief, ce tronçon est très sinueux, ne comporte que deux tunnels mais de fortes rampes, d’où, malgré la traction électrique moderne, parcouru dans le sens de la montée avec une certaine lenteur.
Dans le prochain chapitre, je vous montrerai quelques particularités ferroviaires que j’ai pu surprendre…

lundi 18 février 2019

Musée de plein air de Taltsy


Musée de plein air de Taltsy

Une journée pour rentrer de l’île d’Olkhon puis la dernière journée à Irkoutsk avant de reprendre le train pour Oulan Bator…
La dernière journée à Irkoutsk fut consacrée à aller en bus à 60 km au sud visiter ce très intéressant musée d’architecture et d’ethnographie.
Il est installé au bord de l’Angara, grosse rivière sortant du lac Baïkal et qui va se jeter dans l’Inesseï

Il présente l’habitat de la région du 18ème siècle jusqu’au début du 20ème siècle. Tous les bâtiments ont été démontés de leur site d’origine pour être remontés et restaurés ; ici l’un des trois moulins « en cascade » installé dans les bois, non loin de la rivière :

Les bâtiments, tous en rondins, vont du plus petit, ici une cabane de chasse dans les bois de bouleaux, caractéristiques de la région :

jusqu’aux plus grands ; ici une petite église devant une grande porte fortifiée datant de 1660 :(c’est la seule qui ai survécu !)

Les maisons de paysans sont souvent imposantes :

Leur aménagement intérieur reconstitué donne une bonne idée des conditions de vie de la paysannerie aisée de cette Sibérie au 19ème siècle.