Sixième
journée dans le train
Le
passage de la frontière Mongolie/Chine s’est effectué de nuit et a été très long :
Arrivés
à la gare frontière mongole à 18h30 (à l’heure), nous sommes repartis de la
gare frontière chinoise à 2h du matin !
Nous
avons commencé par être contrôlés par les mongols : identité puis passage
des douaniers sans fouille des bagages ; le tout très poliment, avec
le sourire ; Puis attente…
Tous
les voyageurs restent dans le train. Plusieurs mouvements de manœuvres assortis
de secousses apparemment dues à des tamponnements (il n’y a sans doute pas de
mouchards sous les voitures !) indiquent des préparatifs inconnus. Mais
j’ai appris d’une voyageuse habituée que c’est parce que nous laissons là les
deux voitures mongoles placées au milieu du train.
Vers
21h, nous repartons lentement vers la gare chinoise. Le conducteur (pour
rappel, c’est l’accompagnateur dédié à notre wagon) nous annonce : il va
falloir évacuer le train ! Comme les autres voyageurs, sûrement plus au
courant que nous, emmènent leurs bagages, nous en faisons autant… Nous nous
étions préparés à passer une bonne nuit et voilà qu’il faut tout ranger et
sortir au froid !
Nous
descendons donc avec tous nos bagages pour parcourir sur le quai une distance
supérieure à la longueur du train et nous entrons dans un bâtiment tout neuf et
faisons la queue pour le contrôle de police avec prise d’empreintes et le
contrôle des bagages, le tout installé comme dans un aéroport. Nos bagages
n’ont pas été inspectés et nous voilà « parqués » dans une grande
salle vue ici depuis nos sièges :
Ne
sachant pas encore à quelle heure nous repartirons, nous avons mangé à 22h15
une ration de nourriture déshydratée, réhydratée grâce à l’eau vraiment bouillante disponible à un distributeur. Puis l’attente se
prolonge… sans aucune information… Des voyageurs habitués sortent dehors et
reviennent avec des emplettes… Enfin, le signal de l’embarquement est donné et
tous les voyageurs se lèvent. Nous voilà de nouveau sur le quai à refaire le
chemin inverse pour retrouver notre voiture n°14 et notre conducteur.
L’hypothèse
que je formule est que tout ce temps a été utilisé pour aller changer les
boggies du fait du changement d’écartement entre la Mongolie (écartement russe)
et la Chine (écartement standard) ; ce n’est pas un changement de train
car nous avons retrouvé quelques bricoles laissées, tel le sac poubelle.
Bref,
nous nous sommes tout de suite couchés ; il était environ 1h du matin et
le train a du partir à 2h alors que nous étions endormis…
…
pour nous réveiller à 8h30 alors que le train entrait en gare de Datong.
Vous
aurez sûrement reconnu le nom de la ville sur le panneau lumineux…! Bref, en se
dépêchant de voler quelques clichés à travers les vitres toujours aussi sales,
voici la sortie de gare avec de grands immeubles en construction :
Très
rapidement, nous franchissons un grand cours d’eau sur un pont à voie unique
doublé d’un autre pont pour la voie impaire et derrière, un pont routier
moderne :
Puis
assez vite apparaît ce qui doit être la future LGV (Ligne à Grande Vitesse)
Pékin – Datong ; des poteaux, mais pas encore de caténaires. (Plus loin,
elles étaient déroulées) Tous les talus sont renforcés par des arcades. Noter
aussi les barrières au bord de la ligne classique, présentes sur tout le trajet
de 370 km entre Datong et Pékin.
Il
semblerait que la voie est posée sur dalle, comme l’atteste ce cliché pris plus
tard quand nous avons longé la LGV :
Et
aussi cette photo prise au musée des chemins de fer de Pékin :
Presque
tout le long du trajet, nous avons joué à cache-cache avec la ligne nouvelle
qui parfois se faisait bien remarquer au moment d’un franchissement par
exemple :
Plusieurs
de ces viaducs étaient d’une longueur impressionnante…
La
première partie du trajet s’est faite sur un grand plateau cultivé, bordé par
des petites montagnes ; les villages étaient constitués de maisons
semblables assez serrées :
La
voie s’éloignait plus ou moins de ces montagnes et voilà une vue insolite
montrant des panneaux solaires occupant les flancs des dites montagnes sur des
kilomètres…
Nous
sommes allés au wagon restaurant avec notre voisine de compartiment car, dans
cette étape chinoise, le repas était compris dans le prix du billet ;
nourriture chinoise mangeable mais c’était un peu comme à la cantine.
La
dernière partie du trajet consistait à traverser la chaîne de montagnes nous
séparant de Pékin. A l’origine, la ligne de Datong avait été construite à voie
unique, en suivant une vallée tortueuse, sur le versant sud ; beaucoup de
courbes et une soixantaine de tunnels, ce qui fait que malgré l’électrification
de la ligne, la vitesse était très modérée. ; en allant dans le sens pair
(vers Pékin), nous avons emprunté cet ancien tracé. Afin d’augmenter la
capacité de la ligne, a été construite, plus tard, de manière complètement
différente, une autre voie (sens impair vers Datong) avec plusieurs viaducs et
sans doute moins de tunnels. Sur la photo ci-dessous, on croise ce nouveau
tracé qui emprunte un viaduc :
Quand
il change de versant en empruntant des viaducs, ce tracé apparaît plusieurs
fois de l’autre côté de la vallée et permet donc d’observer des trains se
dirigeant vers Datong ; voici un train de marchandises :
Et
un train de voyageurs :
Et
une autre vue du tracé dans un paysage très escarpé ; la voie construite
plus en hauteur doit franchir les vallées adjacentes par des viaducs mais il doit
y avoir moins de tunnels :
Un
barrage a créé un lac de retenue, encore gelé !
A
l’arrivée dans la banlieue de Pékin, une « pénétrante » à grande
vitesse fait son apparition ; un TGV nous double, puis nous le redoublons,
à a manière de chez nous à l’approche d’une grande gare parisienne où l’on joue
parfois à ce « cache-cache » :
Nous
traversons ensuite sans arrêt une grande gare très moderne, vraisemblablement
dédiée aux TGV :
Puis des
voies de service avec quelques diesels garés :
Enfin,
nous arrivons à la gare de Pékin ; voici notre loco électrique qui a
assuré la traction de notre train depuis au moins Datong :
Train
qui faisait face à une unité double de TGV …
…dont
voici l’extrémité côté heurtoirs :
Nous
sommes bien arrivés au bout de notre long voyage en train, dans l’ancienne gare
terminus de Pékin utilisée aussi par certains TGV :
Dans
le prochain article, je vous présenterai ce que j’ai observé du métro de Pékin.























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