mercredi 13 mars 2019

Sixième journée dans le train


Sixième journée dans le train

Le passage de la frontière Mongolie/Chine s’est effectué de nuit et a été très long :
Arrivés à la gare frontière mongole à 18h30 (à l’heure), nous sommes repartis de la gare frontière chinoise à 2h du matin !

Nous avons commencé par être contrôlés par les mongols : identité puis passage des douaniers sans fouille des bagages ; le tout très poliment, avec le sourire ; Puis attente…
Tous les voyageurs restent dans le train. Plusieurs mouvements de manœuvres assortis de secousses apparemment dues à des tamponnements (il n’y a sans doute pas de mouchards sous les voitures !) indiquent des préparatifs inconnus. Mais j’ai appris d’une voyageuse habituée que c’est parce que nous laissons là les deux voitures mongoles placées au milieu du train.
Vers 21h, nous repartons lentement vers la gare chinoise. Le conducteur (pour rappel, c’est l’accompagnateur dédié à notre wagon) nous annonce : il va falloir évacuer le train ! Comme les autres voyageurs, sûrement plus au courant que nous, emmènent leurs bagages, nous en faisons autant… Nous nous étions préparés à passer une bonne nuit et voilà qu’il faut tout ranger et sortir au froid !
Nous descendons donc avec tous nos bagages pour parcourir sur le quai une distance supérieure à la longueur du train et nous entrons dans un bâtiment tout neuf et faisons la queue pour le contrôle de police avec prise d’empreintes et le contrôle des bagages, le tout installé comme dans un aéroport. Nos bagages n’ont pas été inspectés et nous voilà « parqués » dans une grande salle vue ici depuis nos sièges :

Ne sachant pas encore à quelle heure nous repartirons, nous avons mangé à 22h15 une ration de nourriture déshydratée, réhydratée grâce à l’eau vraiment bouillante disponible à un distributeur. Puis l’attente se prolonge… sans aucune information… Des voyageurs habitués sortent dehors et reviennent avec des emplettes… Enfin, le signal de l’embarquement est donné et tous les voyageurs se lèvent. Nous voilà de nouveau sur le quai à refaire le chemin inverse pour retrouver notre voiture n°14 et notre conducteur.
L’hypothèse que je formule est que tout ce temps a été utilisé pour aller changer les boggies du fait du changement d’écartement entre la Mongolie (écartement russe) et la Chine (écartement standard) ; ce n’est pas un changement de train car nous avons retrouvé quelques bricoles laissées, tel le sac poubelle.
Bref, nous nous sommes tout de suite couchés ; il était environ 1h du matin et le train a du partir à 2h alors que nous étions endormis…
… pour nous réveiller à 8h30 alors que le train entrait en gare de Datong.

Vous aurez sûrement reconnu le nom de la ville sur le panneau lumineux…! Bref, en se dépêchant de voler quelques clichés à travers les vitres toujours aussi sales, voici la sortie de gare avec de grands immeubles en construction :

Très rapidement, nous franchissons un grand cours d’eau sur un pont à voie unique doublé d’un autre pont pour la voie impaire et derrière, un pont routier moderne :

Puis assez vite apparaît ce qui doit être la future LGV (Ligne à Grande Vitesse) Pékin – Datong ; des poteaux, mais pas encore de caténaires. (Plus loin, elles étaient déroulées) Tous les talus sont renforcés par des arcades. Noter aussi les barrières au bord de la ligne classique, présentes sur tout le trajet de 370 km entre Datong et Pékin.

Il semblerait que la voie est posée sur dalle, comme l’atteste ce cliché pris plus tard quand nous avons longé la LGV :

Et aussi cette photo prise au musée des chemins de fer de Pékin :

Presque tout le long du trajet, nous avons joué à cache-cache avec la ligne nouvelle qui parfois se faisait bien remarquer au moment d’un franchissement par exemple :

Plusieurs de ces viaducs étaient d’une longueur impressionnante…
La première partie du trajet s’est faite sur un grand plateau cultivé, bordé par des petites montagnes ; les villages étaient constitués de maisons semblables assez serrées :

La voie s’éloignait plus ou moins de ces montagnes et voilà une vue insolite montrant des panneaux solaires occupant les flancs des dites montagnes sur des kilomètres…

Nous sommes allés au wagon restaurant avec notre voisine de compartiment car, dans cette étape chinoise, le repas était compris dans le prix du billet ; nourriture chinoise mangeable mais c’était un peu comme à la cantine.

La dernière partie du trajet consistait à traverser la chaîne de montagnes nous séparant de Pékin. A l’origine, la ligne de Datong avait été construite à voie unique, en suivant une vallée tortueuse, sur le versant sud ; beaucoup de courbes et une soixantaine de tunnels, ce qui fait que malgré l’électrification de la ligne, la vitesse était très modérée. ; en allant dans le sens pair (vers Pékin), nous avons emprunté cet ancien tracé. Afin d’augmenter la capacité de la ligne, a été construite, plus tard, de manière complètement différente, une autre voie (sens impair vers Datong) avec plusieurs viaducs et sans doute moins de tunnels. Sur la photo ci-dessous, on croise ce nouveau tracé qui emprunte un viaduc :

Quand il change de versant en empruntant des viaducs, ce tracé apparaît plusieurs fois de l’autre côté de la vallée et permet donc d’observer des trains se dirigeant vers Datong ; voici un train de marchandises :

Et un train de voyageurs :

Et une autre vue du tracé dans un paysage très escarpé ; la voie construite plus en hauteur doit franchir les vallées adjacentes par des viaducs mais il doit y avoir moins de tunnels :

Un barrage a créé un lac de retenue, encore gelé !

A l’arrivée dans la banlieue de Pékin, une « pénétrante » à grande vitesse fait son apparition ; un TGV nous double, puis nous le redoublons, à a manière de chez nous à l’approche d’une grande gare parisienne où l’on joue parfois à ce « cache-cache » :

Nous traversons ensuite sans arrêt une grande gare très moderne, vraisemblablement dédiée aux TGV :

Puis des voies de service avec quelques diesels garés :

Enfin, nous arrivons à la gare de Pékin ; voici notre loco électrique qui a assuré la traction de notre train depuis au moins Datong :

Train qui faisait face à une unité double de TGV …

…dont voici l’extrémité côté heurtoirs :

Nous sommes bien arrivés au bout de notre long voyage en train, dans l’ancienne gare terminus de Pékin utilisée aussi par certains TGV :

Dans le prochain article, je vous présenterai ce que j’ai observé du métro de Pékin.

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