Circuit
en Mongolie (1)
Comme
signalé dans la page sur Oulan Bator, nous sommes partis 6 jours en circuit
(organisé par une agence franco-mongole) pour découvrir la Mongolie des steppes
et leurs nomades.
En
cette saison, les nomades occupent des « camps d’hiver » dans
lesquels nous sommes allés à leur rencontre. Ces familles accueillent,
moyennant rétribution, des touristes étrangers. De toutes façons, et nous l’avons
vécu, ils sont très accueillants aussi bien avec leurs voisins qu’avec des
membres de leur famille.
Nous
avons logé dans trois régions et trois familles différentes. La première
famille, assez représentative, installe son camp d’hiver dans une petite vallée
abritée, assez proche d’une grosse bourgade – Kharkhorim – éloignée d’environ
400 km de la capitale :
Nous
avons circulé dans une grosse voiture, propriété de son chauffeur, accompagnés
d’un guide mongol, tous deux connaissant parfaitement les familles d’accueil.
Notez le panneau solaire (généralisé) servant à recharger une batterie d’environ
100 AH.
Ce
premier camp était constitué d’un abri pour le bétail qui s’y entassait la
nuit…
…
et de quatre yourtes : celle de la famille réduite aux parents car les
enfants étaient depuis longtemps partis vivre leur vie, une de stockage, une autre inoccupée et celle où
nous logions :
Au
centre, un poêle typique (introduit par les russes pour remplacer le foyer
ouvert) qui devait être rechargé deux fois la nuit (la première avec du
charbon) afin de maintenir une température normale, voire trop chaude quand le
feu repartait. Plusieurs lits étaient placés autour :
Dans
la yourte familiale, certains lits étaient remplacés par des petits meubles, la
télévision, une réserve d’eau et parfois une petite fontaine à eau. L’ouverture
circulaire du poêle était souvent occupée par une grosse gamelle, ressemblant à
un wok, qui servait à tout faire et qui était soigneusement nettoyée entre
chaque utilisation. Ici, on allait mettre à cuire « à la vapeur » des
sortes de gros raviolis que l’on vous offrait au moment de l’accueil.
Le
plus souvent, cette gamelle servait à cuire « la » soupe, contenant,
en plus ou moins grande quantité, des morceaux de légumes (choux, carottes,
pommes de terre) et des morceaux de viande de mouton, bœuf ou yack assez
« coriaces ». Sur la photo, c’est la cuisson à la grande friture
d’espèces de chaussons fourrés, nourriture plus exceptionnelle :
Ces « Khuushnurs » sont garnis de bœuf, obtenu par découpe et
arrachage de viande issue de leur bétail et décongelée :
Cette viande est découpée en très petits morceaux et mélangée soigneusement
avec des petits morceaux de choux, d’oignons sauvages et de sauge :
Une
pâte simplement constituée de farine et d’eau est étalée au rouleau, très fine,
en donnant des sortes de petites crêpes :
Des
chaussons sont formés en les fourrant avec le mélange précédent :
Dans
la grosse gamelle, on fait chauffer des pains de graisse de queue de mouton :
Puis on fait frire les chaussons et on se « régale » aussitôt en se graissant copieusement les doigts ! A
signaler que, en l’absence de véritable table, toutes ces opérations sont
effectuées sur une planche posée sur un lit.
Dans
cette famille, nous avons participé à quelques activités quotidiennes ; d’abord
accompagner un troupeau d’une vingtaine de veaux à la rivière pour les faire
boire avant de les lâcher dans la nature. Ils reviendrons d’eux-mêmes en fin de
journée après avoir brouté une herbe plutôt rare !
Nous
avons utilisé la voiture du propriétaire pour aller chercher de l’eau fraîche à
la même petite rivière :
Nous
avons aidé à scier du bois de chauffage ; en effet, sur les versants nord,
une maigre forêt d’arbres genre mélèze fournit assez de bois mort ; ce
bois est ramené là, débité et fendu pour alimenter les poêles.
Ce
couple (d’une soixantaine d’années chacun) était très sympathique et malgré la
barrière de la langue, estompée par notre guide, nous a accueilli
chaleureusement ; ils ont tenu à nous faire revêtir leur tenue
typique ; à part le chapeau, l’homme revêtait cette tenue toute la journée
pour effectuer son travail.
Je
ne peux pas terminer ce descriptif sans parler des toilettes ! À part dans
cette famille, c’était toujours n’importe où dans la nature, sans aucune
installation et sans végétation. Je ne vous dis pas le plaisir d’effectuer ce
genre d’opération le soir et le matin au lever par une température descendue en
dessous de moins 20°. Et dans la journée, la température ne dépassait jamais
0° !
Mais
dans cette famille, une cabane rudimentaire avait été installée près du camp.
Elle vous protégeait du vent et vous cachait de votre position sur quelques
planches espacées disposées au dessus d’un grand trou :
Dans
la dernière famille, il y avait un déménagement ; le propriétaire était en
train de rapatrier dans son camp d’hiver plusieurs yourtes reçues, je crois, en
héritage. Ce qui nous a permis de voir toutes les pièces constituant la yourte.
Voici le déchargement d’un deuxième voyage avec le petit camion du
propriétaire :
Voici
les deux poteaux centraux avec leur décoration malheureusement cachée sur
l’envers :
Et
le cercle central, supporté par les deux poteaux précédents :
Au
travers de ce cercle passe le tuyau du poêle, il est recouvert de plastique
transparent (afin de laisser passer la lumière du jour) et à moitié par le
feutre du toit. Ce cercle est relié au dessus du mur circulaire par une
multitude de perches peintes et souvent décorées :
Le
mur circulaire comprend une porte et tout autour des croisillons qui sont
déployés à la bonne longueur :
Ces
croisillons ainsi que le toit sont recouverts d’une ou de plusieurs couches de
feutre épais stockées sous la bâche visible derrière les croisillons ; maintenant,
une couche de plastique est installée sous la dernière couche de feutre afin
d’assurer l’étanchéité ; ces couches de feutre sont « sanglées » pour tenir le
tout ensemble.
Les
meubles sont toujours du même style, petits, peints et décoré; remarquez la petite fontaine à eau entre le bahut et l'armoire :
Un
troisième chargement apportait les lits et en dessous plusieurs couches de
feutre... et le capteur solaire! :
Le
montage d’une yourte ne prend que quelques heures et encore moins s’il y a de
l’aide, ce qui est fréquent…
La
suite, en deux épisodes, sera consacrée à un aperçu du reste de ce circuit.
























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