mercredi 13 mars 2019

Cinquième journée dans le train


Cinquième journée dans le train

Voilà ! C’est reparti !
Pas tout à fait car la veille, nous sommes allés à la gare d’Oulan Bator acheter le billet de train pour Pékin ; achat réalisé sans problème avec l’aide du guide que nous avions eu pour notre circuit.
J’en ai profité pour explorer un peu la gare ; un train était en partance pour le nord :

Quai désert, le train précédent était arrivé bien avant, nous avons vu la gare remplie de voyageurs avant d’aller faire la queue pour acheter nos billets.
Ce train était emmené par un couplage de deux locos mongoliennes :

J’ai assisté et filmé le départ de cette loco très bruyante. Et, sans m’y attendre, une fois le train parti, de l’autre côté, sur le premier quai, encore une loco monument ! Les russes ont vraiment laissé une empreinte sur le pays.

Sur son piédestal, ne croirait-on pas un modèle réduit exposé ? Mais non, c’est une vraie, très imposante, une 150 pour trains de marchandises, à l’architecture ressemblant à celle des 150X, mais bien plus moderne : roues, cylindres, bielles, support de coulisse en acier moulé !
Le lendemain matin, le voyage a commencé de manière inattendue : en sortant de chez notre hôte (je rappelle au 7ème étage), ascenseur en panne !!! Un aller et retour de plus au 7ème pour descendre, avec l’aide du sympathique chauffeur de taxi, les deux gros sacs.
Bref, après cet avant propos, nous avons décollé à 7h30 d’Oulan Bator, à l’heure.

Le début du trajet s’est effectué entre des collines assez dépouillées :

A ce moment, je dois préciser que la voiture dans laquelle nous sommes installés ressemble, au niveau aménagement et disposition, comme une sœur aux précédentes que nous avons déjà utilisése ; ce sont des voitures chinoises mais plus « sale » que les autres, et notamment au niveau des vitres ; ce qui implique des photos de mauvaise qualité, très brouillées, malgré l’utilisation d’une focale plus grande et d’une mise au point manuelle sur l’infini.. Les vitres étant fixes, seulement deux arrêts de 15-20 min ont permis de faire des vues en extérieur.
Lors de l’un de ces arrêts, j’ai pu photographier le foyer du samovar en cours de chargement par le conducteur :

Pour prendre un peu d’altitude, le tracé de la voie est assez sinueux et parfois même, nous repassons juste au dessus de la voie sur laquelle nous étions passés quelques minutes auparavant :

Les rayons de courbure ne semblent pas très prononcés et la rampe ne paraît pas très accentuée ; nous mettons du temps à sortir de cette zone de collines ; même des éoliennes font leur apparition :

Un peu plus tard, la vitesse augmente légèrement et le paysage devient très plat, ce qui laisse supposer que la voie est quasiment en palier ; c’est normal car on commence la traversée du nord au sud du désert de Gobi. La monotonie incite au repos :

En guettant un peu, on peut surprendre quelques animaux ; des vaches :

Des chevaux et des chameaux :

Et même, plus souvent d’ailleurs, des gazelles :

J’ai noté que la voie était toujours clôturée, à une vingtaine de mètres. Rarement, quelques groupements de maisons en bois et de yourtes sont installés le long du tracé :

Tout aussi rarement, des usines embranchées apparaissent et il n’est pas aisé de deviner leur usage, comme celle-ci :

De ce fait, revenons maintenant à la partie proprement ferroviaire du trajet. Régulièrement, des garages sûrement actifs du fait d’un champignon de rail très brillant, n’étaient pas toujours occupés par des trains de fret ; ce qui pourrait être interprété comme une utilisation modérée de cette ligne, rappelons-le, à voie unique. Presque toutes étaient équipées de traverses en béton installées toutes les trois ou quatre traverses en bois. Chaque fois, elles étaient équipées d’un tiroir de sécurité, de feux lumineux et de balises ressemblant à notre KVB, par paires mais plus petites :

De plus, assez régulièrement tout au long de la ligne, même loin des zones de vie, une personne équipée d’un gilet de sécurité orange – comme d’ailleurs tout le personnel – était postée à quelques mètres de la voie et brandissait un bâton, comme s’il s’agissait d’un bâton pilote. Mais ce n’était sûrement pas le cas … ?
La moitié environ de ces trains étaient des trains de charbon, il y a eu aussi plusieurs trains de conteneurs et quelques trains de composition variée : wagons fermés, transport d’automobiles grillagés, citernes, … Tous ces trains étaient assez longs, vraisemblablement de la longueur maximale admise dans les garages actifs.

Voici par exemple une loco mongole vue sur un embranchement qui pouvait être celui d’une mine de charbon, mais vu trop loin pour en être sûr.

À l’approche de la gare de Tchoïr, un faisceau de quelques voies avec, en tête d’un train de fret, cette loco :

Justement, l’arrêt à cette gare fut trop court pour arpenter le quai :

Toutefois, j’ai pu photographier le train sans pouvoir aller jusqu’en tête pour la loco ; ce train comportait 11 pièces (tare inconnue, évidemment), à savoir : une voiture pour le personnel, quatre voitures lit chinoises, deux voitures mongoles (blanches et bleues), quatre autres voitures lit chinoises :

Par contre, tout le personnel était chinois, un peu moins stylé que le personnel russe, mais revêtant l’uniforme complet pour les arrêts, comme le montre cette photo de notre conducteur :

Au départ du train, voici les vendeurs à la sauvette repartant vers la « ville » avec leur « caddie-présentoir » Heureusement que nous avions des provisions achetées à Oulan Bator car nous n’aurions pas eu le temps d’acheter quelque-chose de potable sur le quai.

Surpris à la sortie de la gare, après ce qui pouvait être des ateliers d’entretien, un engin qui doit être un chasse-neige :

Et, près de là, parking à camions avec une yourte :

Quelque 227 km plus loin, à 14 h 45, nous nous arrêtons à la plus importante gare du parcours avant la frontière : Saïnshand. Précédant l’arrêt en gare, des ateliers avec, vraisemblablement, une épave de loco :

Un peu avant le début du quai, une unité multiple (double + simple) en tête d’un long train de conteneurs…

…train dont voici la queue photographiée depuis le quai, sans vitre sale devant l’objectif !

Cette gare est la plus imposante du tronçon mongolien ; on se demande de quoi peut vivre cette cité en plein milieu du désert de Gobi !

Là, les stands de vente de produits alimentaires et autres présentaient mieux que les caddies de la gare précédente :

Cet arrêt de 20 minutes a permis de faire quelques clichés intéressants ; en premier lieu celui de la loco de notre train. C’est une loco mongole, rappelons-le, à écartement russe. Le sigle des chemins de fer mongoliens (deux chevaux galopant) bien peint sur le flanc.

Comme précisé auparavant, il y avait deux voitures mongoles au milieu du train, dont la voiture restaurant que voici, avec son inscription verticale, propre à l’ancienne écriture de ce pays, avant que les russes n’imposent le cyrillique.

Ces voitures avaient bien meilleure allure que les autres voitures chinoises dont le « vert-wagon » ne brillait pas ; on pouvait juste remarquer le marquage et le blason au centre de la voiture :

Depuis le quai, légèrement en contrebas et à contre-jour, deux monuments ferroviaires comme à l’habitude ; d’abord un couplage de locos diesel russes comme il y en avait eu certainement beaucoup après la disparition de la vapeur…

… et un boggie installé sous un demi-châssis, évoquant peut-être l’importance historique de ce type d’équipement ?

Maintenant, la traversée du « désert » a repris et voici une unité de chargement de wagons ; cela ne semble pas être du charbon, mais quoi ?

Enfin le soleil nous a quittés avant l’arrivée avec la gare frontière avec la Chine. Frontière qui a donné lieu à quelques « aventures » inattendues que je raconterai dans la prochaine page consacrée au parcours chinois jusqu’à Pékin.


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