Cinquième
journée dans le train
Voilà !
C’est reparti !
Pas
tout à fait car la veille, nous sommes allés à la gare d’Oulan Bator acheter le
billet de train pour Pékin ; achat réalisé sans problème avec l’aide du
guide que nous avions eu pour notre circuit.
J’en
ai profité pour explorer un peu la gare ; un train était en partance pour
le nord :
Quai
désert, le train précédent était arrivé bien avant, nous avons vu la gare
remplie de voyageurs avant d’aller faire la queue pour acheter nos billets.
Ce
train était emmené par un couplage de deux locos mongoliennes :
J’ai
assisté et filmé le départ de cette loco très bruyante. Et, sans m’y attendre,
une fois le train parti, de l’autre côté, sur le premier quai, encore une loco
monument ! Les russes ont vraiment laissé une empreinte sur le pays.
Sur
son piédestal, ne croirait-on pas un modèle réduit exposé ? Mais non,
c’est une vraie, très imposante, une 150 pour trains de marchandises, à
l’architecture ressemblant à celle des 150X, mais bien plus moderne :
roues, cylindres, bielles, support de coulisse en acier moulé !
Le
lendemain matin, le voyage a commencé de manière inattendue : en sortant
de chez notre hôte (je rappelle au 7ème étage), ascenseur en
panne !!! Un aller et retour de plus au 7ème pour descendre,
avec l’aide du sympathique chauffeur de taxi, les deux gros sacs.
Bref,
après cet avant propos, nous avons décollé à 7h30 d’Oulan Bator, à l’heure.
Le
début du trajet s’est effectué entre des collines assez dépouillées :
A
ce moment, je dois préciser que la voiture dans laquelle nous sommes installés
ressemble, au niveau aménagement et disposition, comme une sœur aux précédentes
que nous avons déjà utilisése ; ce sont des voitures chinoises mais plus
« sale » que les autres, et notamment au niveau des vitres ; ce
qui implique des photos de mauvaise qualité, très brouillées, malgré
l’utilisation d’une focale plus grande et d’une mise au point manuelle sur
l’infini.. Les vitres étant fixes, seulement deux arrêts de 15-20 min ont
permis de faire des vues en extérieur.
Lors
de l’un de ces arrêts, j’ai pu photographier le foyer du samovar en cours de
chargement par le conducteur :
Pour
prendre un peu d’altitude, le tracé de la voie est assez sinueux et parfois
même, nous repassons juste au dessus de la voie sur laquelle nous étions passés
quelques minutes auparavant :
Les
rayons de courbure ne semblent pas très prononcés et la rampe ne paraît pas
très accentuée ; nous mettons du temps à sortir de cette zone de
collines ; même des éoliennes font leur apparition :
Un
peu plus tard, la vitesse augmente légèrement et le paysage devient très plat,
ce qui laisse supposer que la voie est quasiment en palier ; c’est normal
car on commence la traversée du nord au sud du désert de Gobi. La monotonie
incite au repos :
En
guettant un peu, on peut surprendre quelques animaux ; des vaches :
Des
chevaux et des chameaux :
Et
même, plus souvent d’ailleurs, des gazelles :
J’ai
noté que la voie était toujours clôturée, à une vingtaine de mètres. Rarement,
quelques groupements de maisons en bois et de yourtes sont installés le long du
tracé :
Tout
aussi rarement, des usines embranchées apparaissent et il n’est pas aisé de
deviner leur usage, comme celle-ci :
De
ce fait, revenons maintenant à la partie proprement ferroviaire du trajet.
Régulièrement, des garages sûrement actifs du fait d’un champignon de rail très
brillant, n’étaient pas toujours occupés par des trains de fret ; ce qui
pourrait être interprété comme une utilisation modérée de cette ligne,
rappelons-le, à voie unique. Presque toutes étaient équipées de traverses en
béton installées toutes les trois ou quatre traverses en bois. Chaque fois,
elles étaient équipées d’un tiroir de sécurité, de feux lumineux et de balises
ressemblant à notre KVB, par paires mais plus petites :
De
plus, assez régulièrement tout au long de la ligne, même loin des zones de vie,
une personne équipée d’un gilet de sécurité orange – comme d’ailleurs tout le
personnel – était postée à quelques mètres de la voie et brandissait un bâton,
comme s’il s’agissait d’un bâton pilote. Mais ce n’était sûrement pas le cas
… ?
La
moitié environ de ces trains étaient des trains de charbon, il y a eu aussi
plusieurs trains de conteneurs et quelques trains de composition variée :
wagons fermés, transport d’automobiles grillagés, citernes, … Tous ces trains
étaient assez longs, vraisemblablement de la longueur maximale admise dans les
garages actifs.
Voici
par exemple une loco mongole vue sur un embranchement qui pouvait être celui
d’une mine de charbon, mais vu trop loin pour en être sûr.
À
l’approche de la gare de Tchoïr, un faisceau de quelques voies avec, en tête
d’un train de fret, cette loco :
Justement,
l’arrêt à cette gare fut trop court pour arpenter le quai :
Toutefois,
j’ai pu photographier le train sans pouvoir aller jusqu’en tête pour la
loco ; ce train comportait 11 pièces (tare inconnue, évidemment), à
savoir : une voiture pour le personnel, quatre voitures lit chinoises,
deux voitures mongoles (blanches et bleues), quatre autres voitures lit chinoises :
Par
contre, tout le personnel était chinois, un peu moins stylé que le personnel
russe, mais revêtant l’uniforme complet pour les arrêts, comme le montre cette
photo de notre conducteur :
Au
départ du train, voici les vendeurs à la sauvette repartant vers la
« ville » avec leur « caddie-présentoir » Heureusement que
nous avions des provisions achetées à Oulan Bator car nous n’aurions pas eu le
temps d’acheter quelque-chose de potable sur le quai.
Surpris
à la sortie de la gare, après ce qui pouvait être des ateliers d’entretien, un
engin qui doit être un chasse-neige :
Et,
près de là, parking à camions avec une yourte :
Quelque
227 km plus loin, à 14 h 45, nous nous arrêtons à la plus importante gare du
parcours avant la frontière : Saïnshand. Précédant l’arrêt en gare, des
ateliers avec, vraisemblablement, une épave de loco :
Un
peu avant le début du quai, une unité multiple (double + simple) en tête d’un
long train de conteneurs…
…train
dont voici la queue photographiée depuis le quai, sans vitre sale devant
l’objectif !
Cette
gare est la plus imposante du tronçon mongolien ; on se demande de quoi
peut vivre cette cité en plein milieu du désert de Gobi !
Là,
les stands de vente de produits alimentaires et autres présentaient mieux que
les caddies de la gare précédente :
Cet
arrêt de 20 minutes a permis de faire quelques clichés intéressants ; en
premier lieu celui de la loco de notre train. C’est une loco mongole,
rappelons-le, à écartement russe. Le sigle des chemins de fer mongoliens (deux
chevaux galopant) bien peint sur le flanc.
Comme
précisé auparavant, il y avait deux voitures mongoles au milieu du train, dont
la voiture restaurant que voici, avec son inscription verticale, propre à
l’ancienne écriture de ce pays, avant que les russes n’imposent le cyrillique.
Ces
voitures avaient bien meilleure allure que les autres voitures chinoises dont
le « vert-wagon » ne brillait pas ; on pouvait juste remarquer
le marquage et le blason au centre de la voiture :
Depuis
le quai, légèrement en contrebas et à contre-jour, deux monuments ferroviaires
comme à l’habitude ; d’abord un couplage de locos diesel russes comme il y
en avait eu certainement beaucoup après la disparition de la vapeur…
…
et un boggie installé sous un demi-châssis, évoquant peut-être l’importance
historique de ce type d’équipement ?
Maintenant,
la traversée du « désert » a repris et voici une unité de chargement
de wagons ; cela ne semble pas être du charbon, mais quoi ?
Enfin
le soleil nous a quittés avant l’arrivée avec la gare frontière avec la Chine.
Frontière qui a donné lieu à quelques « aventures » inattendues que
je raconterai dans la prochaine page consacrée au parcours chinois jusqu’à
Pékin.



































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